Bienveillance, et si elle commençait par nous-même ?

Cet article fait suite au carnaval d’articles organisé par Emma du blog www.ParentPlusQuImparfait.com. Les blogueurs s’unissent et publient autour du thème “Parentalité bienveillante : et si la bienveillance commençait par soi-même ?”. Vous aurez prochainement accès librement à la compilation de ces articles sous forme d’un e-book gratuit.

bienveillance

J’ai eu énormément de difficultés à écrire cet article. En effet, c’est une notion qui a une importance toute particulière pour moi qui, rêvait de tout mener de front : poste à responsabilité, vie de famille, formation, épanouissement et éducation de mes enfants, loisirs, brushing impéccable, voyages, apprentissage des langues, cordon bleu, judoka, décoratrice d’intérieure, organisateur de goûter d’enfant …

Jusqu’au moment où un burn-out a coupé court à mes aspirations…

Par ailleurs, je me rends compte que je voudrais éduquer mes enfants différemment mais sans savoir finalement par où commencer, comment faire, et vers quoi aller. Comme lorsque vous avez le sentiment que ce que vous avez ne vous convient pas mais que vous ne savez pas qu’il existe autre chose.

J’ai donc mis longtemps, très longtemps, à écrire cet article.

La bienveillance, on en parle ?

Ce mot, nous l’entendons maintenant partout. Il fait aujourd’hui irruption dans nos séminaires de travail, dans nos réunions parents-professeurs, dans les programmes de l’éducation nationale, dans le milieu médical, en psychologie, à la télévision, dans les journaux… Il fait même l’objet d’études ! C’est comme s’il s’agissait de la nouvelle tendance à la mode !

Après l’avoir entendu pendant des années dans la compagnie d’assurance dans laquelle j’ai travaillé pendant 12 ans, voilà maintenant que cette notion est mise en avant dans l’entreprise dans laquelle j’exerce actuellement auprès de l’encadrement et même du personnel en général. Elle est présentée comme une nouvelle méthodologie de travail révolutionnaire, une nouveauté jamais utilisée auparavant !

Ben oui … Il a été démontré scientifiquement que pratiquer la bienveillance, l’empathie et la gentillesse au travail augmentait les résultats de l’entreprise…

Euh … Nous parlons bien de la bienveillance là ? Ce truc vieux comme le monde ?

Pourtant avoir de la bienveillance n’est-ce pas simplement avoir une disposition particulièrement favorable à l’égard de quelqu’un ? N’est-ce pas la capacité à se montrer indulgent, gentil et attentionné envers autrui ? de manière totalement désintéressée et compréhensive ?

Oui.

Ne serait-ce pas une qualité fondamentale et innée de l’être humain ?

C’est gentil, c’est mignon me direz-vous, mais tout cela est-ce nécessaire ?

Est-il nécessaire de rappeler la société sur des postures datant de Mathusalem ? Sur des valeurs aussi fondamentales et primaires que cela? Aussi primaire qu’être gentil avec les autres? Sur le B.A BA oserais-je…

Oui.

En effet, il n’a jamais été aussi important et urgent de revenir aux fondamentaux et de porter haut une valeur telle que la bienveillance.

Un dysfonctionnement de notre société

Comme Sophie Rabhi nous l’explique si bien, l’homme est fondamentalement bon. Selon la théorie de l’attachement, la nature humaine, c’est l’amour, prendre soin de l’autre et construire des liens d’attachement avec ceux qui prennent soin de nous.

La bienveillance, est bien une logique humaine que l’on a dès notre plus jeune âge. Mais en grandissant, elle s’efface avec notre éducation.

Sophie Rabhi fait état d’un dysfonctionnement, une difficulté de la nature humaine. Car nous évoluons dans une société qui fabrique de la violence. De tout temps, ce n’est que conquêtes, prises de territoires, jugements, et quêtes de pouvoir.

Notre société fabrique donc de la violence pure, mais également de la violence éducative ordinaire (réprimandes, privations, évaluations), une violence insidieuse à travers l’éducation qui elle-même va entraîner de la violence tout court de la part de nos enfants : manque de respect, incivilités. En effet, ceux-ci évoluent dans un système de domination de l’adulte, plein de jugement et implique la comparaison et la compétition.

Nous avons donc un problème… Notre société rencontre une difficulté humaine, et selon Sophie Rabhi, la manière dont nous éduquons nos enfants découle de cette difficulté.

La parentalité bienveillante

Jusqu’ici, on pensait qu’un enfant devait être éduqué pour être conforme.

Souvenez-vous du mitote de Miguel Ruiz (Les 4 accords Toltèques), nous vivons dans un nuage de fumée, dans le rêve de la société, et nous avons tous fait l’objet d’un processus de domestication pour être conforme à ce rêve. Nous avons été programmés à mesure que nous grandissions.

Enfants nous étions libre, nous agissions et découvrions sans penser ni au passé, ni à l’avenir.

Mais plus tard, comme le dit autrement Catherine Schmider, nous avons été nourris à la méfiance et à la défiance et nous élevons maintenant nos enfants comme cela.

Elle nous rappelle également que les mots prononcés peuvent faire mal et laisser des traces et que chacune de nos paroles a un impact. Il existe finalement un décalage entre notre façon de faire, nos bonnes intentions en tant que parents et les réactions et l’impact de celles-ci sur l’enfant.

Plus nous parlons avec bienveillance à notre enfant et plus les zones de son cerveau capables de reconnaitre les besoins et intentions des autres seront facilement activées. Alors seulement l’adulte sera entendu par l’enfant. Des méthodes telles que la communication non violente permettent cela car elles sont basées sur l’expression des besoins et sur l’écoute empathique des besoins de l’autre.

Nous devons donc nous interroger en tant que parents sur ce que nous transmettons et sur ce que nous laissons à nos enfants. Il n’y aura aucun changement de notre société si nous ne changeons pas notre façon d’éduquer.

Mais comment éduquer de façon bienveillante alors que nous sommes incapables d’être bienveillant envers nous ?

Etre bienveillant envers soi

En effet, nous sommes surdoués dans l’art de nous culpabiliser, de nous juger, de nous dévaloriser, de ne pas nous pardonner. A chaque faux pas, nous remarquons que nous ne correspondons pas à ce qui est attendu de nous, nous ne sommes pas conformes au “rêve de la société”.

Alors selon Miguel Ruiz, pour masquer cela, nous mentons, nous nous faisons passer pour quelqu’un d’autres, nous sommes faux et nous ne sommes pas authentiques.

A force de nous voir imparfaits, nous nous en voulons, nous sommes durs avec nous et nous ne faisons preuve d’aucune bienveillance envers nous-même.

Nous l’avons vu, Miguel Ruiz et Marshall Rosenberg le rappellent, notre parole a un impact. Nous devons l’utiliser pour faire le bien, envers les autres mais envers nous-même également.

L’idée est de parler et de nous parler avec honnêteté et authenticité pour exprimer nos besoins et laisser les autres nous voir tels que nous sommes réellement et non supposer ce que les autres penseront de nous.

Cherchons toujours faire de notre mieux, ne nous jugeons pas, ne cherchons pas à être parfait, mais plutôt à être nous-même.

Tachons d’être compatissant et indulgent avec nous même, et focalisez sur ce que nous avons de bon en nous, sur nos qualités, sur nos forces, sur nos accomplissements et nos réussites, sur ce que les autres apprécient et respectent en nous.

Un énorme chantier

Il est certain que nous devons en premier lieu être bienveillant avec nous même pour être ensuite en mesure d’éduquer nos enfants selon un nouveau schéma.

C’est un chantier colossal, d’immenses croyances et tout un conditionnement à déconstruire.

Nous ne sommes pas obligés de nous effacer devant des lois, des règles et des procédures. Nous avons le choix. Nous pouvons développer une intelligence collective basée sur, d’une part, l’empathie, la bienveillance et la gentillesse et, d’autre part sur l’engagement de chacun.

Il est temps de cesser de vous dire comme moi “Je suis un mauvais parent“, “Je n’y arriverai pas“…

Faites-vous confiance et vous pourrez faire confiance à vos enfants. Réfléchissez à ce que vous voulez pour eux qui deviendront adultes. Souhaitez-vous qu’ils agissement par peur de l’autorité et des sanctions ?

Comme nous le disent si bien Catherine Schmider et Pascale Ribon, nous pouvons contribuer tous les jours à un monde meilleur, nous pouvons être acteur de ce changement car nous sommes une génération de transition. De ce fait, nous avons un pouvoir énorme, le pouvoir de changer le monde par un monde plus humain.

Soyez bienveillant envers vous-même pour pouvoir l’être envers vos enfants et contribuer à cette nouvelle donne.

Julie

La bienveillance : un enjeu pour nos sociétés, Sophie Rabhi, TedX

Une éduction bienveillante pour un monde plus humain, Catherine Schmider

Et si gentillesse et bienveillance rimaient avec performance collective, Pascale Ribon

Les mots sont des fenêtres ou bien ils sont des murs, Marshall Rosenberg

Les 4 accords toltèques, Miguel Ruiz

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