Je le ferais demain ! La série des excuses, épisode 2 : La procrastination

Cet article est le second d’une série de 4 articles sur notre art de nous trouver des excuses en tout genre. Et dans la famille des excuses, je demande … la mère : LA PROCRASTINATION !

procrastination

Il pleut, il fait nuit tôt. Les grandes résolutions et les grands chantiers très peu pour moi en ce mois de novembre ! Je verrais ça l’année prochaine. J’aurais tendance à procrastiner, moi ? Non …

Vous voyez ? Quand vous savez que vous avez cette chose très importante à faire, quand tout vous le rappelle à chaque instant mais que vous ne la réalisez pas pour autant parce que … eh bien… parce que vous avez trouvé des tonnes de choses à faire qui paraissent très importantes aussi avant !

procrastination

Comme par exemple :

  • Ecouter 42 webinaires et parcourir une dizaine de revues et des centaines de sites de développement personnel avant d’écrire votre 1er article ;
  • Apprendre des 1000 de méthodes et lire 5 livres sur la meilleure façon de créer un site internet sans le mettre en place bien sur ;
  • S’enfermer dans ses croyances limitantes : “Mais il y a des tas de sites de développement personnel, qu’apporterais-je donc de nouveau?” ;
  • Vous auto-convaincre que vous n’êtes pas légitime dans cette aventure;
  • Vous lancer corps et âmes dans différentes entreprises et projets du moment tout genres mais dont aucun ne participent à notre but ;
  • Vous trouver débordé par votre travail, vos enfants ou autre, juste à ce moment là…

Pléthore de bonnes excuses raisons existent pour ne pas vous mettre à ce que vous avez à faire et succomber à la procrastination.

Pour aborder le vaste sujet de la procrastination, rien de tel que de vous conter le livre de Jane Burka et Lenora Yuen : Procrastination, Why  you doit, what to do about it now !

La procrastination qu’est-ce que c’est ?   

Avant tout petite piqure de rappel sur qu’est ce fléau qui nous touche finalement tous, je vous propose d’aller lire mon article Aujourd’hui, je dis non à la procrastination.

La procrastination est la tendance à remettre à plus tard ou à différer la prise de décision ou l’extension d’une action.

Trop souvent, nous l’associons à un manque de volonté, d’autodiscipline, ou à de la paresse. Nous pensons qu’elle est un signe de faiblesse de caractère.

Avez-vous remarqué comment il est difficile de s’autodiscipliner ? de prendre une bonne nouvelle habitude ? ou d’avoir le cœur de se lancer dans quelque chose de nouveau ?

C’est tout simplement parce que le fait de remettre à plus tard ou de différer est une façon de nous protéger. C’est ce que nous explique les auteurs de Procrastination, Why  you doit, what to do about it now.

En fait, notre raisonnement interne est le suivant : « Si je ne fais pas d’effort, si je ne prends pas de risque, alors je ne risque pas de me trouver en situation d’échec, face à mes limites. Cela me permet de garder le contrôle, je reste dans ce que je connais, dans ce que je sais faire, j’assure, je ne me montre pas, je ne détonne pas, je ne m’expose pas. Et je réussis, alors je devrais toujours bien faire ». Mes crédos sont alors « Je dois être parfait », « Autant ne rien faire, si c’est pour mal faire ».

Je ne prends pas le risque de me mettre en danger et de sortir de ma zone de confort (Cf mon article sur ce sujet), je ne prends pas le risque de m’exposer au regard des autres.

En fait, la procrastination est surtout motivée par 4 peurs mais nous verrons que 2 autres facteurs influent largement.

Ces peurs qui aliment notre propension à procrastiner :

La peur de l’échec :

Si je ne fais rien, alors je ne peux pas échouer. C’est imparable.

Comme le procrastinateur est souvent un perfectionniste, il préfère ne rien faire que de mal faire, ou montrer qu’il ne sait pas faire, qu’il fait mal ou qu’il se trompe. Cela est du au besoin de montrer sa valeur par les résultats accomplis.

Si vous rêvez secrètement de devenir bloggueur (je dis cela tout à fait par hasard…) mais que vous ne trouvez jamais le temps de vous pencher sur la question, c’est certainement que vous vous dites « A quoi bon écrire sur le net pour prendre le risque que personne ne le lise, que personne ne trouve cela drôle ou intéressant, ou pire que j’ai à essuyer des critiques ».

Si vous rêvez de devenir influenceuse mode « Pourquoi me lancer au risque que de voir que mes conseils n’intéressent personne ou pire que l’on me dise que je n’ai aucun style ou talent ».

La peur du succès

Plus particulièrement la personne qui procrastine peut avoir peur des conséquences du succès car elle se dit que le succès implique des responsabilités « Je ne fais pas parce que si je réussi j’aurais de nouvelles responsabilités, bien plus que je ne serais capable d’en supporter ».

Nous pouvons également nous dire que notre succès peut faire du mal aux personnes de notre entourage qui peuvent se sentir diminuées ou inadéquates.

Si mon blog était un succès alors je ne pourrais certainement pas gérer les demandes et responsabilités que cela impliquera, je serais engagé vis-à-vis de mes lecteurs.

Si mon blog de mode cartonne alors mes proches me trouveront peut être changée, différente, ils ne sauront plus comment se comporter avec moi…

La peur de perdre son autonomie

Tant que je ne fais rien, je reste dans ce que je connais, ce que je maîtrise, en allant au-delà, je peux perdre le contrôle.

Si je deviens une blogueuse influente alors j’aurais certainement besoin d’aide, de déléguer. Je ne saurais jamais tout faire parfaitement. Mais surtout je serais dévoilée et mes failles et mes faiblesses seront-elles aussi dévoilées.

La peur de la séparation ou de l’intimité au contraire

La personne qui procrastine peut par son attitude chercher à maintenir les autres à l’écart, en ne se montrant pas, il craint qu’agir crée trop d’intimité ou de proximité avec les autres.

A l’inverse, une personne qui procrastine peut également avoir peur de la séparation, il se dit que s’il agit alors il sera séparé de ses proches. En n’agissant pas, il reste dans la même zone et ne craint pas de les perdre. C’est souvent le cas des personnes qui sont supportées par les autres.

Avec ce blog, je prends le risque de m’éloigner de mes proches qui me ne me comprendront certainement pas dans ma démarche, qui la trouveront farfelue et cela mettra une distance irréversible entre nous.

Avec ce blog, je devrais m’exposer me lier d’amitié avec mon audience, avec d’autres bloggueurs, alors ils connaîtront tout de moi, je serais mise à nue et j’aurais plus d’intimité.

Procrastiner n’est rien d’autre qu’un mécanisme psychologique. Toutes ces peurs conditionnent notre capacité à ne pas agir. Agir reviendrait à les affronter.

Alors que ce blog sur le bonheur voit son audience et sa liste d’inscrits qui grandit chaque jour, j’ai de plus en plus de mal à ne pas remettre au lendemain la publication de mes articles. Étonnamment, je publiais tous les jours lorsque personne ne lisais… C’est qu’en fait, je n’avais pas envisagé que cela fonctionnerait… Ou peut être que je ne voulais pas l’envisager…

Notre rapport au temps

Dans Procrastination, Why  you doit, what to do about it now , Jane Burka et Lenora Yuen nous indique qu’il faut distinguer le temps objectif Chronos (le vrai temps qui passe et qui se mesure) du temps subjectif Kairos qui est notre perception du temps qui passe. Elle nous indique qu’il existe différents temps subjectifs, le temps du nourrisson qui vie dans l’instant présent, les temps de l’enfant, de l’adolescent, du jeune adulte qui se rendent peu à peu compte du temps qui passe.

Puis vient le temps de la quarantaine où nous sommes supposés vivre à la hauteur de notre potentiel, nous comprenons que nous ne pourrons plus réaliser les rêves de notre enfance et enfin le temps du senior où nous comprenons que notre temps n’est pas infini.

La personne qui procrastine a tendance à vivre comme si le temps n’existait pas.

Nos valeurs, nos croyances, notre système d’éducation

Notre système d’éducation au sens large, c’est-à-dire l’éducation reçue de nos parents, notre scolarité, nos expériences, nos valeurs, notre entourage, notre religion et nos croyances au sens large sont également un facteur de notre tendance à procrastiner.

En l’occurrence, le rôle de notre famille est très important.

Pour celui qui a grandi dans une famille où une forme de pression est mise sur l’enfant, sur le fait qu’il doit réussir, procrastiner élimine le risque d’échec.

En ne faisant rien, je ne peux pas échouer et décevoir ma famille.

Lorsque le doute est mis sur la capacité de l’enfant à réussir et s’en sortir, alors procrastiner d’éviter le challenge par manque de confiance en soi.

Dans les familles dans le contrôle dans lesquelles, les parents contrôlent toutes les décisions prises par l’enfant, la procrastination devient une façon de se rebeller sans trop s’exposer.

En outre, certaines familles créé un climat de dépendance, un lien d’attachement, les parents interviennent comme une bouée de sauvetage indispensable empêchant toute autonomie de l’enfant. Dans ce cas, la procrastination est une façon de rester attacher à sa famille et de ne pas rompre le lien.

Enfin à l’inverse, lorsque la famille créée une distance laissant l’enfant prendre toutes les grandes décisions seul, la procrastination est alors le moyen de garder les autres à distance.

Dans tous les environnements décrits ci-dessus, procrastiner permet de nous protéger de conséquences plus néfastes que de ne pas faire l’action elle-même, des conséquences, plus graves que la procrastination elle-même.

Peut-on vaincre la procrastination ?

Oui, dans la 2nde partie de leur livre Jane Burka et Lenora Yuen nous donnent 7 clés pour passer outre la procrastination.

1. Toujours se rappeler que la situation n’est pas désespérée

Il existe bien des domaines dans lesquelles nous évoluons sans difficulté. Nous devons prendre le temps d’identifier ces domaines, nous rendre compte de nos facilités sur ces sujets là pour prendre confiance en nous et utiliser les éléments transposables sur les domaines dans lesquelles nous nous sentons moins à l’aise, où nous sentons nos propres limites.

2. Reconnecter notre esprit et notre corps

La personne qui procrastine vit en général de façon dissociée entre son esprit et son corps, son esprit veut quelque chose et son corps fait autre chose.

Comment expliquer cela sans que vous ayez envie de refermer la fenêtre de cet article …

N’avez-vous jamais remarqué que lorsque vous remettez des choses importantes à plus tard, vous êtes pris dans une spirale, votre corps fait des tas d’autres choses ?

Vous savez que vous avez cet important dossier à terminer mais vous vous mettez en quête de ranger votre bureau. Vous terminez à la suite les épisodes de cette série ou astiquer votre maison alors que vous savez que vous devez déclarer vos impôts et que la date butoir avance. Vous êtes pris dans le cycle métro-boulot-dodo, vous êtes en pilote automatique alors que vous savez que vous devez vous arrêter lorsque vous avez une grande décision à prendre.

Vous pouvez reconnecter votre corps et votre esprit en prenant le temps de vous arrêter quelques instants en pratiquant certaines techniques de respiration telle que la cohérence cardiaque (pour en savoir plus cliquez ici) ou la méditation en pleine conscience (et là vous pouvez cliquez ici).

3. Faire une pause de vos distractions technologiques

Un bon moyen également de vaincre la procrastination consiste à réduire votre exposition à l’information, à vous déconnecter (pour en savoir plus, vous pouvez encore cliquer ici). C’est un moyen très efficace de se recentrer, de revenir à l’essentiel et de ne pas se disperser.

4. Changer de situation d’environnement, de situation

Modifier nos connections nos activités, modifier nos habitudes est également un bon moyen, dans les périodes de doute de vaincre la procrastination.

Vous êtes alors obligé de ralentir et de réfléchir à vos motivations principales.

5. Se fixer un nouvel objectif

Choisir d’atteindre un nouveau but est une excellente façon d’arrêter de procrastiner. Cependant, il est nécessaire pour ne pas risquer d’obtenir l’effet inverse que cet objectif soit observable, spécifique et concret. Cet objectif doit pouvoir être décomposée en plus petits objectifs. L’idée est de pouvoir avancer en ayant des petits pas à réaliser et le 1er petit pas doit pouvoir être réalisé dans les 5 minutes. Il important aussi de ne pas commencer avec un premier objectif trop ambitieux. A chaque pas félicitez-vous. Récompensez tous les progrès même les petits.

objectif

6. Ayez une mentalité de croissance

Ne vous focalisez pas sur le but à atteindre mais réalisez le chemin parcouru. Reconnaissez ce que cette expérience vous a appris peu importe le résultat.

7. Prenez quelques bonnes habitudes dans la gestion de votre temps

En effet, planifier peur aider à la réalisation d’un objectif. La planification peut ne pas être parfaite et dans tous les cas elle doit mener à l’éxecution, elle ne doit pas être trop ambitieuse et porter se des attentes démesurées.

Planifiez à la semaine ce que vous voulez faire avec le temps que vous avez et ne planifiez pas ce que vous pensez devoir faire dans cet intervalle de temps.

Dans leur livre Jane Burka et Lenora Yuen propose une méthode de planification qui est la méthode de non programmation. L’idée est la suivante : au lieu de programmer vos tâches à réaliser dans votre planning hebdomadaire, vous planifiez vos engagements principaux et laisser le reste du temps libre. Lorsque vous travaillez à votre objectif, indiquez dans une autre couleur la tâche réalisée, une fois réalisée.

Cette méthode présente deux avantages :

  • Elle vous permet de focaliser sur ce que vous avez accompli et non sur ce que vous n’avez pas réussi à atteindre ; elle vous permet donc de visualiser vos succès ;
  • Vous bénéficiez déjà en inscrivant la tâche réalisée d’une récompense immédiate résultant de vos actions.

Voilà ! Cet article sur la procrastination et sur le livre Procrastination, Why  you doit, what to do about it now est terminé.

Vous savez maintenant que vous ne pouvez plus vous dire que le développement personnel ne vous concerne pas et vous n’avez plus d’excuse pour remettre à plus tard ce que vous avez d’important à faire.

Il ne vous reste donc plus qu’une chose à faire pour aujourd’hui : Vous fixez un nouvel objectif.

Et souvenez vous que :

100% des choses que l’on ne tente pas échouent.

Wayne Gretsky

Et qu’

Il ne faut pas attendre d’être parfait pour commencer quelque chose de bien.

Abbé Pierre

Alors quel objectif allez-vous vous fixez aujourd’hui ?

Procrastination, Why  you doit, what to do about it now, Jane Burka et Lenora Yuen

Avalez le crapaud, Brian Tracy

Miracle Morning, Hal Elrod


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