Verras bien qui pleurera le dernier…

solitude

A chacun ses problèmes

Je ne pense pas être une bénie des dieux a qui tout réussi. Je ne pense pas non plus avoir été gâtée par la vie. J’ai eu comme chacun de nous mon lot de difficultés et de soucis.

Ne vous êtes vous pas déjà retrouvé dans ce genre de conversation : « Tu sais, j’ai rencontré tel ou tel problème ou difficulté » et avec en réponse « Ah oui ? ! Mais au moins, tu as tes enfants, tu as ta famille, tu as un travail ! » (Sous-entendu, Moi,  je n’ai pas tout cela donc j’ai encore plus de « droits » pour me plaindre) ?

Tout d’abord, échanger de ses difficultés ou sur sa situation du moment avec un proche ne doit pas s’apparenter à de la plainte. Partager ses moments difficiles ne signifie pas se plaindre.

Mais surtout, nous pouvons rester des années à nous comparer aux autres pour déterminer lequel d’entre nous, a le droit d’être le plus malheureux et lequel n’a pas de raison d’être malheureux.

« Si j’ai vécu plus de deuils et de séparations que toi, alors je suis plus légitime que toi à être mal. »

S’en suit parfois des discussions dont le but est de déterminer celui qui a le plus souffert… « Oui, mais moi… », «  Oui mais moi… »,  « Tu ne te rends pas compte… »

Vous êtes vous déjà reconnu dans ce genre de situation?

Et l’escalade peut durer très très longtemps !

Celle-ci de 40 ans n’osera plus parler du sentiment de solitude qui la ronge à son amie de 15 ans son ainée, au risque de se voir assener un : « Oui mais toi, au moins, tu es encore jeune et tu as la vie devant toi ». Ainsi, d’un coup d’un seul, sa solitude est banalisée, reléguée au 4e rand des remplaçants, mais elle continue de la ronger…

Cet autre là, n’osera pas évoquer les brimades et les humiliations qu’il rencontre dans son quotidien professionnel à sa compagne qui peine à se réinsérer professionnellement, sous peine de se voir gratifier d’un « Toi au moins, tu as un travail ! ». Il reste seul, tentant de contenir avec difficulté et rage son trop plein de colère.

A l’inverse, cette autre personne peut alimenter sa tristesse des années durant en estimant que compte tenu de la gravité des évènements endurés, elle a «le droit » d’être mal.

Et parlons tout ceux qui souffrent en silence et en privé alors qu’ils ont semblent-ils en apparence tous les ingrédients du bonheur, une belle maison, un bon travail offrant des perspectives, des enfants et un chien pour faire plaisir aux enfants… Quel affront d’en parler dans ces conditions !

Prendre en charge :

Dire que ça ne va pas, c’est compliqué.

Mais quelque soit le niveau de souffrance, nous ne devons pas minimiser, nous avons le droit de nous sentir mal vis-à-vis d’une situation ou d’une autre, nous ne sommes pas moins « légitime » !

Celui qui a une petite grippe saisonnière devra se soigner au même titre que celui qui a une pneumonie.

C’est très compliqué d’admettre que ça ne va pas lorsque l’on pense à ceux qui ont plus de difficultés encore. Alors beaucoup d’entre nous, minimisons, nions et banalisons ce que nous vivons. Mais en aucun cas, nous ne le prenons en charge.

Finalement, nous ne faisons pas mieux que celui dont nous avons parlé plus haut, nous continuons d’alimenter notre tristesse.

Le fait est que les évènements sont là. Ils se sont passés et l’on ne peut absolument rien y changer.

Peut-être que celui qui a perdu son père ou été abandonné s’éprendra d’une qui tient le sien à distance. Ces deux là pourront rester des années à comparer leur souffrance, qui en soit est incomparable, en essayant de montrer son ressenti à l’autre. Ou alors, l’un la minimisera, la banalisera, tandis que l’autre se laissera envahir.

Mais le fait est qu’aucun d’entre eux n’aura pris la décision d’aller au-delà, seul ou avec un accompagnement. Que le sujet soit grave ou moins grave, il s’agit simplement de prendre la décision : «  Je ne peux plus avancer avec ce (petit ou gros) boulet qui me ronge de l’intérieur ».

Ainsi, au lieu de marmonner et ressasser des années durant, ils pourront se dire :

« Oui, ce que j’ai vécu est extrêmement difficile, je ne l’oublierais d’ailleurs jamais, mais qu’est-ce que je peux faire maintenant pour essayer d’avancer et peut-être, être un peu plus heureux ? »

Nous entendons tous des personnes autour de nous dire de façon pessimiste et grave « Eh oui ! Nous cherchons tous le bonheur ! Mais est-ce que l’un d’entre nous l’a déjà trouvé ? ». Tout cela accompagné d’un soupir de lassitude, telle une utopie inaccessible.

Malheureusement ce sont ces mêmes-là qui se donne le droit de conserver leurs boulets, telles des preuves légitimes pour pouvoir en parler à loisirs lors des prochains championnats d’escalade du « Moi, au moins, j’ai des raisons d’être malheureux ! ».

Quand l’ego s’en mêle …

Vous êtes vous déjà senti dans ce genre de situation ? :

Vous décelez la petite ombre au tableau, la petite difficulté à résoudre. « Arf, non ce n’est pas grand-chose bien sûr, mais je serais tellement mieux sans… »

Alors vous décidez de prendre le taureau par les cornes et de prendre ce sujet en charge.

Mais, vous communiquez peu à ce sujet, vous avez peur que l’on vous fasse remarquer que des sujets plus graves existent que nos « petits problèmes », ou qu’il nous soit reproché une ambition démesurée. Et vous ne partagez pas cette petite victoire. Pire, vous la minimiser…

Ainsi, celle-ci qui a trouvé des solutions pour régler le sujet (petit boulet) de son père un peu trop intrusif aura réussi grandement à améliorer son quotidien.

Cependant :

– elle n’osera partager sa réussite avec son compagnon orphelin ;

– elle banalisera cette petite victoire ; elle culpabilisera même peut-être de s’en être débarrassée au regard de ce que d’autres vivent ;

– elle pourra reprocher à son compagnon de ne pas vouloir prendre en charge son gros boulet, et de persister dans ce championnat d’escalade…

Vous ne faites rien de mal à vouloir vous détachez de vos boulets.

Petits ou grands, quel intérêt avons-nous à les conserver ? Cela ne fera pas de vous une personne différente, cela ne fera pas de vous une personne moins intéressante, cela n’enlèvera pas votre vécu, vos souvenirs …

Mais la réalité est que quelque part ces boulets touchent notre ego: 

Ce couple qui se déchire : « Ce qu’il m’a fait est si mal que je ne peux passer outre », « Son comportement est tel que je ne peux l’accepter », et chacun se sent blessé dans son ego. « J’ai une fierté quand même, comment accepter cela ? »

On se dit que si l’on accepte, si l’on « passe », on paraîtra en quelque sorte faible et on se préoccupe du regard des autres.

Le fait est que si nous voulons avancer, nous n’avons pas d’autre choix que de faire avec ce que nous avons. Nous n’avons pas d’autre choix que de nous dire : « Ok tout cela, je l’ai vécu et je le vis encore mais qu’est ce que je peux faire maintenant avec tout cela ? »

Est-ce pour autant faire preuve de faiblesse ? 

Certainement pas, car accepter ne signifie pas nier ou minimiser, c’est prendre en charge, et aller de l’avant.

Opportunité et légitimité :

Je pourrais vous exposer mon parcours et mes expériences afin que vous puissiez juger si assez de malheurs ont jalonnés ma vie pour me permettre d’avoir une certaine légitimité à partager ainsi mes expériences sur la place publique.

Mais selon vous à quoi cela pourraient ils bien servir? 

A part alimenter encore ce championnat d’escalade du « Moi, au moins, je suis légitime à être malheureuse » ?

Certains me disent: « En dépit de ce que tu as vécu tu as toujours réussi à rebondir ». J’ai beaucoup de mal à le comprendre car à mon sens il y a tellement pire. J’estime simplement avoir tenté de résoudre chacune des petites difficultés qui s’est présentée.

D’autres me disent en revanche: « Tu es vraiment une veinarde, il y a toujours une solution qui s’offre à toi !  »

Et d’un coup, d’un seul mon sentiment de satisfaction personnelle est réduit à néant…

Il est vrai avec le recul beaucoup de mes projets se sont concrétisé. Pensez-vous vraiment qu’il s’agit là que de chance ? 

Ne pensez-vous pas que les solutions émergent plutôt lorsque l’on a préparé le terrain, lorsque l’on a préparé en quelque sorte un terreau fertile, pour les accueillir ?

Ainsi, pour voir des solutions se dégager, nous n’avons pas d’autres choix que de les prendre en charge, et de décider de les traiter. 

Et cela, c’est notre responsabilité. 

Ainsi et seulement, avec ce changement d’état d’esprit, nous pourrons être capable de voir les opportunités se présentant sur notre chemin. 

Pour aller plus loin sur ce sujet, je vous invite à lire Le bonheur est-il une chance ? 

En savoir plus 

Mes malheurs pour aider les autres :

A partir de quel niveau de malheur pouvons nous permettre d’en parler et de demander de l’aide ?

Le nombre ou l’importance des malheurs que vous avez vécu n’influence en rien votre capacité et votre légitimité à aider ceux que vous aimer ou tout du moins, ceux que vous voulez aider.

Pourquoi ne pas accepter l’aide de celle-ci qui n’a semble t’il connu que des moments de bonheur?

L’aide , le soutien et la compassion de certains seraient elle de moins bonne qualité? 

Peut-être povons nous nous en inspirer, peut-être pouvons nous en profiter ?

Et pourquoi aussi, celui qui a connu de grands malheurs ne pourrait-il pas non plus apporter sa pierre à l’édifice? Rien n’empêche cette caricature de quarantenaire, seul depuis des années dans son appartement, d’aider cette vieille dame à traverser la rue. Il n’est pas nécessairement aigri et renfrogné. 

L’altruisme et la générosité sont des piliers du bonheur. Selon une étude réalisé à l’université de Zurich en Suisse sur 50 volontaires, les personnes qui avaient donné plus étaient plus heureux à la fin de l’étude. Cette étude nous montre que donner rend simplement et biologiquement plus heureux.

Donner de l’argent, du temps, du soutien, peu importe… Soyez simplement généreux dans vos actions. 

relations sociales

Soigner ses relations sociales 

Selon la plus grande et longue étude sur le bonheur, le bonheur dépend avant tout de nos relations sociales. En effet, la vie de 724 hommes a été étudiée pendant 75 ans : c’est la Harvard Study. 

La qualité de nos relations sociales est primordiale pour être heureux et même en bonne santé. 

Le psychiatre Robert Waldinger nous transmet 3 enseignements de cette étude :

– Être proche de notre famille, amis, communauté, est bon pour nous; ces connections sociales participent à une vie plus longue et plus saine. 

– On peut se sentir seul dans une foule, tout comme dans son mariage. Ce n’est donc pas le nombre d’amis ou le fait d’être dans une relation de couple qui importe, mais bien la qualité de ces relations.

– La qualité des relations a un impact sur la santé mentale. De bonnes relations serait non seulement bon pour notre santé physique, mais aussi pour notre santé morale et psychologique.

«Nous n’avons pas le temps, si brève est la vie, pour les chamailleries, les excuses, l’animosité, les appels à rendre des comptes. Nous n’avons que le temps pour aimer et pas un instant de plus.» 

Mark Twain

Pour ceux qui scrollent directement vers le bas…(dommage, vous ne saurez jamais ce que vous avez raté…)

– Peu importe, petits et grands soucis sont aussi légitimes les uns que les autres;

– Vous ne devez pas avoir honte de parfois vous sentir mal;

– Mais vous devez prendre en charge la difficulté au lieu de la subir et décider de ce que vous aller faire maintenant. C’est une responsabilité qui vous appartient. 

– Réfléchissez à la façon dont vous pouvez agir, soyez généreux et soignez vos relations avec vos proches. 

A très vite, 

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